La sentinelle (1992)

Film
  • Réalisation : Arnaud Desplechin
  • Genre : drame (France)
  • Année : 1992
  • Durée : 2h20
  • Musique : Marc Oliver Sommer
  • Avec : Emmanuel Salinger (Mathias Barillet) - Marianne Denicourt (Marie, sa soeur) - Thibault de Montalembert (Jean-Jacques l'ami diplomate) - Emmanuelle Devos (Claude, celle dont Mathias tombe amoureux) - Valérie Dréville (Nathalie, l'amie de Marie)  - Philippe Duclos (Macaigne : le "non-prof" en salle d'autopsie, un acteur que j'aime beaucoup !) - Mathieu Amalric (un tout petit rôle d'étudiant dans la même salle)
L'histoire
Allemagne années 90. Mathias quitte sa mère veuve d'un diplomate français afin de poursuivre ses études de médecine légale à Paris. Dans le train, alors qu'il voyage en compagnie de son ami Jean-Jacques, un diplomate, Mathias se fait contrôler ses papiers et sous prétexte d'une vérification dans le compartiment bagages, est pris à partie par un inconnu dans la cinquantaine qui se prétent être un agent de la Sécurité (du territoire) ; celui-ci le laisse finalement repartir non sans avoir fouillé sa malle et lui avoir tenu des propos incohérents sur la justice, la mémoire. Une fois arrivé dans son hôtel, Mathias découvre dans sa valise la tête momifiée d'un inconnu. Sa présence, qui demeure un mystère, le préoccupe d'autant que son installation dans la vie parisienne le bouleverse. En cachette, il entreprend d'analyser la tête dans le laboratoire de la morgue, afin de déterminer la provenance de celle-ci et peut-être les circonstances de la mort.

Mon avis
"La sentinelle" est sans doute un film du genre elliptique, qui traite d'un sujet en longeant les rives d'un autre ; qui trace une frontière, une ligne entre l'est et l'ouest.
Parce qu'il est le fils d'un diplomate et navigue dans ce milieu, un jeune homme plutôt introverti et sans histoires se retrouve impliqué dans le réglement de comptes personnel d'un ancien espion. Sa nature sensible et sa fragilité émotionnelle due à son installation dans un pays qu'il découvre et auquel il met du temps à s'adapter - et ce, malgré l'aide et la volonté de sa soeur à l'intégrer dans un monde d'amusements - le pousse à résoudre l'énigme de la tête momifiée car il est tenaillé par sa conscience. Un très beau film qui a des raisonnances particulières pour moi, car j'ai le même âge que l'acteur principal (à un mois près), revoir ce film me rappelle à cette époque de notre (relative) jeunesse, alors que je vivais moi même sur Paris dans la même période.

(Pas pour tout public)